Jeudi 7 juin 2007
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Livre ou vert, le monde parlant vert c(-;§
2) L’inconscient collectif et Dieu : réflexions.
Jung lui-même s’est interrogé sur la relation qu’il pouvait y avoir entre la notion de Dieu et celle de l’inconscient, mais jugeant que cette question n’était pas de son ressort de
psychanalyste, il ne l’a pas développée.
Il est vrai qu’il existe des similitudes entre les deux notions :
L’idée d’inconnu d’abord : Dieu reste une notion très vague. Son existence reste à caution, beaucoup de monde ne croit pas en son existence, et parmi ceux qui y croient, des discordances
demeurent quant à sa définition. Cet état de fait est suffisant pour démontrer le caractère mystérieux de la notion de Dieu.
Ensuite, selon de nombreuses traditions religieuses, Dieu aurait créé le monde par la parole :
"Dieu a dit "que la lumière soit" et la lumière fut" (Genèse) ; "Au commencement était le verbe" (Evangile de Jean) ; dans l’hindouisme et le bouddhisme, le mantra Aum (ou Om) est le son par
lequel le démiurge a créé le monde, etc.
Dans la mesure où la parole exprime une idée, Platon dans La République évoque également cette conception. Selon lui, les Idées
immatérielles précèdent et génèrent les êtres corporels (= matériels). (Allégorie de la caverne, livre VII de La République).
Ces notions de parole, de verbe, d’idée sont à rapprocher de celle des archétypes par leur nature signifiante mais aussi par leur capacité créatrice car, selon Jung, les archétypes sont des
instincts, des pulsions créatrices générant notamment nos rêves.
Donc comme "Dieu", l’inconscient collectif est méconnu et il se manifesterait par des représentations signifiantes créatrices.
Qu’entends-je personnellement par Dieu ?
Je considère Dieu comme le principe à l’origine de toutes choses et qui demeure en tant que tel dans tout être et toute chose de la même façon que nos premiers ancêtres sont encore quelque part
en nous (hérédité génétique).
Ce principe divin, je me le représente comme une énigme à résoudre plutôt que comme un barbu sur un nuage (bien que l’image du vieux suggère le caractère ancestral du principe). C’est
pourquoi j’écris "Dieu" avec des guillemets pour souligner le caractère flou de sa notion.
Pour en revenir à notre réflexion (Dieu, inconscient collectif), les similitudes entre les deux notions sont intéressantes, mais si "Dieu" est à l’origine de toute chose et demeure en toute
chose, en tant que tel, il ne peut se réduire à l’inconscient collectif qui n’appartient selon la définition de Jung qu’à l’espèce humaine. Si "Dieu" est en tout, il ne concerne pas uniquement
les êtres humains.
Par ailleurs, s’il est vrai comme le prétendent de nombreuses religions (et c’est également ma propre intuition) que chaque créature est l’expression de la parole de "Dieu", alors il y a de
forte chance pour que ce créateur unique parle la même langue en chacun de ces êtres et que par conséquent l’universalité des archétypes ne s’étende pas seulement à l’humanité mais à la création
toute entière.
Ma réflexion est alors la suivante :
Si "Dieu" dont procèdent tout être et toute chose est Verbe, et que la réalité est l’expression de ce langage, la connaissance approfondie de "Dieu" passe par le déchiffrage et la lecture
de ces messages que sont tous les êtres, toutes les choses et tous les événements.
Autrement dit, j’émets l’hypothèse que chaque être par ce qu’il est et par ce qu’il fait exprime dans une langue universelle (archétypes, symboles) une ou des vérités qu’il s’agit de
découvrir.
Ma méthode de travail pour cette vaste étude consiste entre autre à me "laisser guider" par mon intuition et mon imagination. Je constate que l’intuition est un excellent outil de
connaissance surtout en ces matières. L’intelligence qui est aussi un excellent outil de connaissance, je n’en doute pas, a cependant l’inconvénient de nécessiter l’appui de concepts bien
définis. Dans notre contexte où il s’agit d’aborder des "idées vagues", l’intelligence, bien que nécessaire, ne peut être suffisante.
"Périlleux, me diriez-vous, de plonger dans l’eau sans savoir vraiment nager !"
"Certes !" vous répondrais-je, mais, comme disent les proverbes, "qui ne risque rien, n’a rien" et "c’est en forgeant que l’on devient forgeron." Je rajouterai qu’il faut savoir être aventureux
si l’on veux pouvoir un jour faire la découverte d’un nouveau monde, ou en langue verte, ce n’est pas en restant peureusement accroché au vieux continent (= grand-père sage ?) que nous
découvrirons un jour l’âme héroïque !
P.S : j’ai remarqué que mon petit bonhomme à la langue verte c(-;§ cachait le nom de Dios. Encore un coup de mon inconscient ? Quel farceur celui-là !